mercredi, 14 décembre 2016 04:08

La dépendance aux médias sociaux est un problème plus important que vous ne le pensez

    Vos proches, enfants ou vous même d'ailleurs, avez du mal à vous tenir loin des médias sociaux ? Hélàs vous n'êtes pas seul dans ce cas car les réseaux sociaux sont conçus pour devenir une addiction, autant que la cigarette ou autres.

    Les réseaux sociaux sont massivement addictifs. D'ailleurs, la plupart des gens que nous connaissons, vérifient et d'interagissent sur les sites sociaux tout au long de la journée. Et, ils n'ont aucune idée du temps réellement passé sur ces médias sociaux.

    Si votre enfant par exemple, est un adepte des médias sociaux et que sa dépendance s'aggrave, il y a une raison à cela. La plupart des grandes entreprises de réseaux sociaux, ainsi que les créateurs de contenu social, travaillent dur chaque jour pour rendre leurs réseaux attractifs et addictifs, de sorte que personne n'arrive à leur résister.

    Facebook : souhaiter le quitter

    Le "Cornell Information Science" a récemment publié des recherches qui ont mis en examen (entre autres choses) la difficulté qu'ont certaines personnes à quitter Facebook et d'autres réseaux sociaux.

    L'étude a utilisé les données d'un site appelé "99DaysofFreedom.com", qui encourage les gens à cesser d'utiliser Facebook sur une période de 99 jours.

    Le site et l'étude sont intéressants parce qu'ils ont révélé la difficulté qu'ont les gens à quitter Facebook en raison d'une forme de toxicomanie. Les participants avaient l'intention de cesser de facebooker, voulaient vraiment arrêter et croyaient pouvoir arrêter pendant 99 jours, mais beaucoup ne tenaient que quelques jours.

    L'aspect addictif du réseautage social est associé à FOMO ou autrement nommée : "la peur de manquer". Tout le monde est sur Facebook. Ils affichent des choses, partagent des nouvelles et du contenu et parlent entre eux 24h/24h et 7j/7j.

    L'effet réseau lui-même est addictif. Selon l'ingénieur logiciel de Instagram, Greg Hochmuth : "Un effet de réseau est l'idée que tout réseau devient plus précieux à mesure que de plus en plus de gens se connectent à ce réseau. Le système téléphonique est le meilleur exemple de ce phénomène. Vous devez avoir un téléphone parce que tout le monde a un téléphone."

    En fait, Hochmuth et l'artiste et informaticien Jonathan Harris ont créé une expérience Web appelée "Effet réseau". Le site simule l'expérience de la navigation à travers les médias sociaux en vous donnant un flux de personnes se livrant à diverses activités. Ensuite, au bout de quelques minutes, le site ne vous laisse plus la possibilité de regarder les pages sur 24 heures, pour que vous puissiez ressentir les symptômes de sevrage subtilement.

    Dans le monde des réseaux sociaux, c'est Facebook qui bénéficie le plus de l'effet réseau. Facebook est le premier réseau social mondial. Maintenant, tout le monde est sur Facebook parce que tout le monde est sur Facebook. Et même les gens qui n'aiment pas le réseau social, se voient l'utiliser de toute façon, parce que c'est là que se trouve leur famille, amis et collègues.

    La contribution de l'effet de réseau à la qualité addictive des sites Web est accidentelle. Mais les sites sociaux sont également addictifs de par leur conception même.

    Le numéro de notification : un numéro bien huilé

    Un truc que les réseaux sociaux utilisent est un numéro de notification, vous montrant le nombre de personnes en un coup d'œil qui vous ont mentionné ou suivi.

    Les numéros de notification s'affichent sur l'icône de l'application pour vous attirer, puis sur le menu supérieur ou inférieur pour vous attirer davantage. Ils jouent un jeu psychologique à savoir qu'ils vous disent qu'il y a des informations que vous voudriez connaître, mais ils ne vous en disent pas assez pour vous satisfaire.

    Exemple simple. Un titre de contenu pourrait être : Le magasin vend des tartes à 40,99 € sur eBay". Or, dans la version réseau social, ce titre devient : "Vous ne devinerez jamais combien le magasin vend ses tartes sur eBay".

    Les numéros de notification fonctionnent exactement comme ça. Voir un 3 en rouge sur la barre des notifications Facebook est comme un titre marketing qui dit : "Vous ne devinerez jamais ce que trois personnes ont dit de vous." Ainsi, vous êtes forcés de cliquer. C'est compulsif. Et au fil du temps, cela devient addictif.

    Le plus grand outil des médias sociaux est le filtrage algorithmique. Des sites comme Facebook, Google+ et, bientôt, Twitter, modifient leurs algorithmes, puis surveillent la réponse des utilisateurs pour voir si ces tweaks les ont maintenus sur le site plus longtemps ou ont augmenté leur engagement. Nous sommes tous des rats de laboratoire dans une expérience géante et globale.

    L'utilisation d'algorithmes pour rendre les flux sociaux de plus en plus addictifs en dit long. Il explique pourquoi Facebook (qui a modifié son algorithme de dépendance) obtient maintenant plus d'un milliard d'utilisateurs par jour. Cela explique pourquoi Google ne vous a jamais laissé désactiver le filtrage de flux algorithmique. Et il explique pourquoi Twitter veut filtrer algorithmiquement les flux, malgré l'objection générale des utilisateurs.

    Les ajustements des filtres algorithmiques pour la dépendance signifie qu'en théorie, les sites sociaux deviennent plus dépendants tous les jours, et que les sites sont dans une guerre de survie où seuls les sites les plus addictifs resteront.

    Protéger les plus vulnérables, faire attention

    Ainsi, il en va de notre survie numérique. Il faut renforcer la surveillance parentale, faire appel à des outils de gardiennage numérique comme les logiciels espions pour mobiles par exemple. Il faut redoubler de vigilance pour soi-même et, pour les plus vulnérables.
    Les enfants et les adolescents sont des proies plus que faciles pour ces monstres assoiffés de clients potentiels et de jeunes cerveaux vierges. Tout le monde est concerné, tout le monde doit rester vigilent.